Genre: classique revisité
Scénar: Lord Blackwell va être pendu, c'est comme ça quand on se prend pour un sorcier sacrificateur de jolies jeunes filles. Mais du coup le cerveau surhumain de Holmes (qui l'a fait arrêter) s'ennuie et le pousse à faire absolument n'importe quoi, d'inventions loufoques en expériences navrantes sur le chien de la maisonnée. Et ce bon vieux Docteur Watson qui se tire, juste après "leur dernière affaire ensemble" pour s'apprêter à convoler avec la belle Mary ! Mais "quand les morts rôdent, les vivants remplissent leur cercueil", Holmes au secours, Blackwell est revenu des Enfers !
La B. O., entêtante et musclée entre Morricone, l'Irlande et les Balkans, en dit long sur le nouveau Holmes. Robert Downey Jr est survolté et à des années-lumière des séries de téléfilms avec option naphtaline, désolé Basil Rathbone, désolé aussi la Hammer et Peter Cushing, mais le personnage avait besoin d'un coup de fouet et on peut dire que c'est réussi. S'il partage des point communs, par exemple avec la Hammer, c'est au niveau du jeu à la limite du fantastique et l'évocation du mysticisme en pleine ère victorienne, les décors sombres (superbes) et les détails scabreux. Pour le reste, le duo avec Jude Law, bastonneur et efficace comme dans un bon vieux Trinita, ne manque pas d'humour et l'asocial et junkie Holmes ne semble jamais cesser de jouer le chaud et le froid pour éprouver son compagnon décidément bien patient et provoquer de vraies disputes de couple. Hautain mais génial, Holmes cache pourtant un point faible, la sublime et diabolique voleuse Irene Adler (Rachel McAdams, à croquer...). "Vous auriez tout d'un criminel" dit-on justement à Holmes, c'est ce qui fait son charme indéniable peut-être ?
Le scénario est parfois un peu tiré par les cheveux mais l'action est là, les dialogues fusent, flegmatiques à l'anglaise pour la plupart d'entre eux. La course aux armements de la fin du XIXème siècle, les idéologies pré-fascistes et le "science sans conscience" de Rabelais sont ici réunis pour multiplier les clins d'oeil au présent. Pas grand chose à voir avec les récits de Doyle mais une intelligente utilisation des personnages dans un cadre visuel très réussi, un très bon moment en particulier grâce à la musique signée Hans Zimmer qui semble avoir pour maître un certain Ennio, c'est une certitude.
© GED Ω - 24/02 2012
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Genre

Quand Henri-Albert Cornuty retrouve dans les bas-fonds Paul Verlaine qu'il rêve de rencontrer, c'est en bien piteux état, croupissant qu'il est dans
un hotel de passe over-miteux... Accepté parmi les proches du poète, Cornuty ne tarde pas à découvrir l'état de santé plus que précaire de son idole pour qui il décide donc de faire le
maximum en toute circonstance, quel que soit le délire qui passera par la tête du poète. Verlaine c'est vrai n'a jamais si bien mérité sa réputation de clochard céleste, auteur,
à la surprise des gens de la norme, de recueils magnifiques comme des pires conneries. Bénéficiant de la protection d'un autre adepte de son génie, le préfet Lépine de Paris, il
se voit bientôt véritable pupille de la République, la réalité rejoint parfois le délire sans que l'absinthe n'y soit pour quelque chose. La docteur Chauffard, lui aussi fasciné
par Verlaine, lui permet de faire de l'hopîtal où il est alité un lieu de rencontre avec la jeune générartion. Dès qu'il sort, c'est pour se remettre le cerveau en vrac à grands
coups de lait de sorcière. Ir-Ré-Cu-Pé-Ra-Ble !! Ce qu'il fait de la morale, de la bienséance, ne découragent en rien ses multiples admirateurs qui sacrifient beaucoup, qui de l'argent, qui du
temps, à son profit. Sans parler de ses (!!) femmes, deux putains avec lesquelles il joue le chaud et le froid sans y voir le moindre mal, tant qu'il y a à boire, y a d'l'espoir pas vrai ?
Beau panier de crabes-salopards que la famille Liljecrona. Le patriarche Ruben, alors qu'il a pendant un repas remis les pendules à l'heure avec cette
assemblée de vampires financiers, s'écroule juste après avoir ingéré un verre délicatement agrémenté de cyanure. Dommage, le monsieur est richissime et chaque personne présente semble avoir une
raison valable de vouloir le dessouder. Seulement sur place, une île évidemment coupée du monde par une tempête de neige, oh le beau scénario classique que voilà, se trouve parmi les convives un
flic qui décide de mener l'enquête sur place et entame les interrogatoires bon gré mal gré.