Vendredi 20 novembre 2009
Le jour de son mariage, Bayardo San Roman découvre que sa femme n'est pas vierge, elle en accuse
Santiago Nasar, un homme riche de la région. Les deux frères de la mariée ont le devoir de le tuer, pour laver l'honneur de la famille et personne ne peut y avoir quelque chose à
redire...
Raconté de façon journalistique non sans humour ni ironie, mais aussi de manière décousue pour favoriser flasbacks, anacoluthes et autres anecdotes parfois dignes d'un rapport de police. Le
fameux honneur latin confronté à l'esprit humain, paradoxe de l'homme viril et ses sentiments profonds... Une description très réussie de la société caraïbe qui si elle paraît soudée au premier
abord peut laisser un meurtre se commettre sans lever le petit doigt, tout ça pour des histoires de famille qui hanteront le village et ses habitants pour le reste de leurs jours, comme le
prouveront les témoignages recueillis par le narrateur pour sa chronique...
200 pages, 6,90 €
ISBN: 2-246-26742-0
© GED Ω - 20/11 2009
Dimanche 15 novembre 2009
Genre: Ken Loach rencontre Gaspard
Noé
Scénar: après avoir vu son usine vidée de ses machines par un patron vilain
pas beau, Louise décide avec ses copines de boulot de faire dessouder celui-ci par un tueur à gages, Michel, qui se révèle très rapidement être un incapable, lâche et
mythomane...
Les grolandais présentent enfin leur troisième film, accompagnés de leurs potes Dupontel (mortel et inattendu),
Francis Kuntz (toujours dans le rôle d'un mec qu'on rêverait de rencontrer...une batte à la main) et Benoît Poelvoorde (givré à son habitude et affublé de parapluies hallucinants
pour les paranoïdes de concours). Comme toujours, l'équipe évite les clichés et fonce droit dans l'absurde, l'humour noir, les situations loufoques et même carrément émouvantes, les personnages
plus allumés les uns que les autres se succèdent à l'écran (putain, l'immense Siné est là lui aussi !) pour une sorte de road-movie arrosé avec une "goutte" que le vieil oncle picard tient
planqué au fond d'un meuble, sans étiquette ni mise en garde. La sensibilité des auteurs filtre autant que
l'aspect militant - sans devenir chiant - du projet, chouette entreprise, pour choisir un mot qui réjouit, et un beau cadeau en perspective en cette fin d'année qui sent déjà la vieille tatie qui
pique et la dinde cramée, faites un cadeau utile et offrez ce DVD qui comporte qui plus est une pelletée de chouettes bonus. Mention spéciale de mon
jury personnel aux deux acteurs principaux du film qui, comme le dirait le petit cousin Kevin à qui tout le monde rêve de coller une taloche, "assurent grave".
© GED Ω - 15/11 2009
Par Ged
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Publié dans : FLIMS
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Vendredi 13 novembre 2009
Les japonais sont incroyablement doués pour le dédoublement de personnalité, le jeu avec les paradoxes et les images et
Mishima est pour moi le plus grand de ces romantiques vénéneux et martiaux, courant nus, un sabre planté dans le ventre sous une douce pluie de fleurs de cerisier...
Parce que d'après la philosophie de sa bande "les pères sont les mouches du monde. Ils sont aux aguets autour de nous et
quand ils aperçoivent quelque chose qui se pourrit en nous ils se précipitent...", Noboru, treize ans, "sentait déjà un courage de fou sourdre au fond de lui". Cet
embrigadement volontaire et le choix d'un chemin élitiste au possible vont précipiter le destin de Ryûji, l'amant de la mère de Noboru. La mise en scène choisie, les jeunes vont
tendre un piège au marin qui par amour laisse s'éloigner son bateau et la mer, théâtre de ses passions...
D'une beauté glacée et d'une subtilité infinie, ce roman court et cruel montre l'évolution d'une certaine partie de la
jeunesse dont Mishima lui-même qui dans les années d'après-guerre et la domination du capitalisme redécouvrit le code bushido des samouraï, l'honneur du guerrier et la haine de la
corruption. La lecture d'une biographie de l'auteur est sûrement nécessaire au néophyte qui se doit de découvrir ce génie de la littérature nippone.
© GED Ω - 13/11 2009