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J'étais tranquille, j'étais peinard, à fouiner

J'étais tranquille, j'étais peinard, à fouiner au Comptoir...

Il est de bon ton aujourd'hui où on trouve tout et n'importe quoi en dix minutes sur cette saloperie de toile de se déclarer auto-cultivé de bout en bout. Faux.

Flash-back, 1996, fuite de la morne Bédarieux pour des études erratiques à la fac (on appelle ça des cuites en vérité me dit-on à l'oreillette), Montpellier nous voilà, je déteste la ville mais des oasis ça et là représentaient l'espoir de toute une vie déjà irrémédiablement dévolue, corps et âme, à 100,666%, aux démons de la culture. Les disquaires, ce n'est pas un gros mot, cyber-analphabètes de mes deux, étaient là, parfois dans un indescriptible fatras et c'est ça qui en faisait aussi le charme, pour laisser nos mains gourmandes et baladeuses trifouiller dans les cartons où reposaient, désormais passés de mode, les vinyles d'Aerosmith, Ted Nugent, Damned, Blue Oyster Cult, Motörhead et autres Scorpions que les gens conspuaient à l'époque. Loin des foires aux disques de boursicoteurs, loin des puces gavées de rayures, les disquaires ajoutaient à la caverne au trésor un morceau inédit à la bande originale, la conversation ! Si quelques centaines de disques te faisaient chausser les cothurnes du gars culturé à donf', un VRAI disquaire savait, avec des mots magiques et beaucoup de bienveillance, te rappeler l'immensité des genres musicaux, l'infinité des artistes à connaître pour colorer avec bon goût le prisme de ta vie de musicophage. C'est vrai qu'il reste encore des mecs comme Alain, mais avec lui s'en va l'un des meilleurs.

A Alain Boucher du Comptoir du Disque, parce que ça me démangeait. Life's a bitch, R. I. P.

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